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Face au G8, les alternatives des peuples pour le progrès social

L’Afrique dans la mondialisation : quel avenir ?

Le continent africain, les société civiles contre la mondialisation libérale

Document publié le 13 juillet 2005

Mots clefs associés : - Organisation de la société civile - Politique et société - Mondialisation

Quel avenir pour l’Afrique ? Enjeux et perspectives :
une nouvelle société politique à bâtir ?

Au Sud, malgré les immenses richesses du monde, la pauvreté a augmenté surtout dans les pays africains. Aujourd’hui se fait jour la nécessité d’une reconstruction du monde, d’un monde nouveau disons même d’utopies nouvelles qui puissent permettre à l’humain de rêver de nouveau.


La situation actuelle du monde nous contraint à un questionnement lucide et perspicace, si nous voulons donner des chances à l’humanité de sortir des interrogations angoissantes qu’elle se pose aujourd’hui quant à son avenir et à son destin. Questionnement inévitable qui nous interpelle quotidiennement. Les réflexions proposées ici sont en cours de construction. Elles ne sont nullement achevées. En serait-il d’ailleurs autrement ? Il faut se méfier des idées toutes faites, des réflexions déjà achevées, car elles conduisent souvent à des réponses toutes trouvées donnant lieu à des recettes qui ont souvent conduit l’humanité dans des impasses toutes aussi cruelles.

L’essentiel, c’est souvent d’arriver à une problématisation correcte des questions en vue d’arriver à construire ensemble une réflexion. Cela ne doit pas être laissé aux seuls intellectuels. Il faut de plus en plus amener les couches populaires dont le destin est en jeu, à participer à la définition des conditions de la reconstruction des problématiques et des alternatives à dessiner. Il faut enfin les inviter à des initiatives en vue d’agir ensemble pour changer le monde. Penser ensemble pour agir ensemble, tel doit être notre credo.

Mais on ne saurait formuler un questionnement quelconque sans faire auparavant l’état du monde tel qu’il se présente aujourd’hui au Nord comme au Sud. L’humanité, en ces débuts de 21ème siècle a connu des avancées significatives dans les domaines de la science et de la technique qui ont révolutionné à maints égards les conditions de production des biens. Aujourd’hui, il existe à l’échelle du monde suffisamment de richesses pour satisfaire partout les besoins fondamentaux des hommes. Pourquoi, malgré cela, la misère, la pauvreté, la maladie et la faim continuent à sévir un peu partout sur tous les continents ?

 Au Nord comme au Sud, l’humanité entre progrès et désespoir

Dans les pays du Nord, les économies ne cessent de traverser des crises de plus en plus fortes qui aboutissent à la faillite d’un nombre de plus en plus important d’entreprises, jetant des ménages dans l’expérience douloureuse du chômage. Les statistiques dénombrent un nombre de plus en plus élevé de chômeurs un peu partout dans les pays industrialisés. Les crises sociales deviennent de plus en plus majeures et se sont transformées en véritable crise de civilisation. Des hommes se sentent mal dans leur peau d’hommes. Des femmes ont mal à leur féminité. Des hommes et des femmes aspirent à changer de sexe. Des couples homosexuels se forment et revendiquent leur droit à fonder légalement un ménage. Des familles monoparentales sont créées de fait. De même que des ménages à enfant unique, condamné de ce fait à ignorer tout sentiment de fraternité voire de solidarité. L’individualisme érigé en fondement des principes des droits de l’homme a déstructuré profondément la société et créé des espaces de plus en plus larges de solitude et de désespoir. La violence, la drogue et l’insécurité gagnent partout en ampleur. Le suicide des jeunes et des personnes de 3ème âge, de plus en plus courant, témoigne de l’ampleur du désastre humain auquel ont conduit les récents progrès.

Au Sud, malgré les immenses richesses du monde, la pauvreté a augmenté surtout dans les pays africains, obligeant les institutions internationales à mettre en route et de toute urgence des programmes de lutte contre la pauvreté, de réduction de dettes voire d’annulation pure et simple de la dette. La désagrégation des tissus sociaux et la perte des identités culturelles ont abouti à une absence de perspectives, à un pessimisme de plus en plus prononcé quant à l’avenir. L’impasse au Nord comme au Sud conduit à s’interroger sur le destin de l’humain. Que faire dans ces conditions ?

 Une urgence : construire un autre monde

Aujourd’hui se fait jour la nécessité d’une reconstruction du monde, d’un monde nouveau disons même d’utopies nouvelles qui puissent permettre à l’humain de rêver de nouveau. Il convient de rappeler que c’est probablement le rêve d’Icare de voler aussi haut que le soleil qui a hautement inspiré la naissance et les progrès de l’aviation. Dans la construction de ces alternatives nouvelles, l’Afrique a une chance d’être à l’avant-garde et de conduire l’épopée de la reconstruction théorique d’un monde nouveau et possible, plus prometteur, simplement parce qu’elle est doublement interpellée.

Les pays du Nord se sont relativement assoupis du fait de leur confort matériel et des certitudes rationalisantes auxquelles ils sont parvenus, même si des couches de plus en plus importantes de leur société s’insurgent de plus en plus violemment contre l’ordre social qui leur est imposé. Le rejet par les peuples français et hollandais de la nouvelle constitution européenne constitue un indicateur important. Il porte en lui l’exigence d’une reconstruction sociale sur des bases plus humaines.

Les pays africains sont certainement confrontés aux mêmes impasses avec plus d’acuité du fait de leur misère matérielle qui leur pose des problèmes de survie quotidienne. L’échec des programmes d’ajustement structurel imposé par les bailleurs de fonds, l’endettement excessif au-delà de toute capacité de remboursement, les politiques de privatisation qui ont jeté dans la rue des chefs de ménages qui assurait souvent la survie de nombreuses personnes, les difficultés d’accès à l’emploi de nombreux jeunes diplômés ont fabriqué un potentiel d’explosion sociale d’une capacité de destruction massive. L’acuité et l’urgence de la situation nous obligent, nous Africains à trouver des réponses nouvelles et intelligentes susceptibles de répondre à l’ensemble des questionnements actuels de l’humanité. Mais cela n’est possible que dans la perspective d’une rupture d’avec le système mondial actuel.

Nous n’avons pas ici la prétention de donner des réponses toutes faites et définitives mais de contribuer à l’esquisse de solutions envisageables. La construction de nouvelles alternatives impose le rejet de tous les modèles actuels fournis dans le cadre de la mondialisation libérale actuelle.

 Au préalable, rejeter la mondialisation libérale

Le modèle actuel d’intégration, celui de l’Europe semble improductif. L’intégration européenne s’est réalisée à travers la construction d’un marché commun car il ne posait pas à elle un problème de production mais d’organisation de l’espace de circulation des biens produits. La question des marchés avait déjà conduit à 2 guerres mondiales. C’était donc une nécessité urgente pour elle d’organiser l’espace du marché européen.

Quant à l’intégration africaine, si elle est souvent formulée en termes de création d’un espace solidaire pour faire face aux défis de la mondialisation, en réalité elle n’offre aucune perspective d’avenir. Elle n’offre à l’Afrique que la position éternelle de réservoir de matières premières bon marché, faute d’avoir mis en avant la question de la construction d’un espace protégé de production des richesses basée sur la transformation sur place de ses propres matières non plus pour le marché mondial mais pour la satisfaction des besoins prioritaires de ses propres populations.

La crise actuelle des modèles démocratiques expérimentés ça et là témoigne aussi des impasses actuelles. Les récents événements au Togo, les réaménagements constitutionnels successifs pour satisfaire la soif de pouvoir des cliques militaro-civiles soutenues par les gouvernements occidentaux, les élections truquées à l’avance qui rendent toute alternance impossible, créent les conditions de guerres civiles qui se projettent un peu partout sur le continent. Les modèles de décentralisation ont eux aussi réveillé les appétits des potentats locaux qui tentent de confisquer la démocratie à la base.

En Afrique et un peu partout dans le monde, le modèle démocratique libéral prend l’eau. Il a fait le lit d’une médiocratie internationale qui s’est emparée partout du pouvoir d’Etat. Partout les libertés des peuples sont menacées. La volonté de puissance des pays du Nord se manifeste de plus en plus dans toutes sortes de décisions unilatérales voire d’expéditions militaires pour soumettre les peuples aux seuls intérêts des multinationales.

 Le rôle de la société civile

L’action des sociétés civiles est de plus en plus confrontée à l’arrogance des pouvoirs en place. Si elle avait soulevé des espoirs certains, aujourd’hui se pose la question de leur finalité surtout en Afrique, où les décideurs politiques locaux se moquent des opinions de leurs propres populations, exclusivement attentifs aux instructions de leurs parrains occidentaux qu’ils s’empressent d’exécuter à la lettre.

Il ne suffit plus d’agir sur le terrain des luttes sociales. Elles sont certes indispensables. Elles constituent le lieu essentiel de l’information, de la prise de conscience, de l’organisation et de la mobilisation des peuples. Aujourd’hui, les sociétés civiles en Afrique et ailleurs se heurtent dans leurs actions quotidiennes au mur du politique. Alors se pose de plus en plus nettement la question du pouvoir politique, du pouvoir d’Etat et de sa nature.

La société civile doit-elle continuer à s’interdire l’action politique comme elle l’a fait jusqu’ici ? Ne lui faut-il pas envisager d’autres alternatives ?

Les problèmes auxquelles elle est confrontée sont de nature politique. Leur résolution passe nécessairement par un levier politique. De plus en plus se pose pour les sociétés civiles africaines, la nécessité d’une prise de contrôle des pouvoirs de décision politique par les peuples si on veut résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés. Il devient urgent d’y réfléchir. Il ne faut plus en faire l’exclusivité des partis politiques.

De nos jours, les partis politiques, le modèle partisan à l’échelle planétaire, donnent des signes d’essoufflement. Leur reconstruction passera par une collaboration de plus en plus étroite avec les sociétés civiles. Cela leur impose des changements de nature drastique. Il faut que les partis politiques cessent d’être des coalitions plus ou moins sordides de promotion individuelle. Il faut changer la politique elle-même pour en faire un instrument de résolution des questions que se posent les citoyens.

Ce n’est pas pour rien que les taux de participation aux élections dépassent rarement le tiers des votants. Le désintérêt des peuples pour le système démocratique est évident. Mais leur entrée sur la scène politique est une nécessité historique. Le jour où ils prendront conscience du fait que c’est leur désintérêt, leur indifférence par rapport à la chose politique qui est la cause principale de leurs déboires, une fois qu’ils se mettront en branle, ils seront comme le rouleau compresseur qui balayera le monde actuel pour imposer un monde nouveau, plus juste, plus humain. C’est à ce seul prix qu’ils pourront réinventer l’avenir.

© Issa N’Diaye, penserpouragir.org, 2005


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16 avril 2010, coppée

Grande est ma joie de connaitre qu’en Afrique nous avons un potentiel enorme sur le plan de la pensée et de l’organisation du monde avenir tel que présenté par votre article. NOnobstant tout ceci,il demeure comme vous l’avez si bien illustré, que le rôle de la societé civile, des partis politiques, de leur rappots avec les populations est incongru avec le vécu des masses cause des positions égoistes. Bon nombre de pays Africains vivent cette situation désolante ; le salut viendrait premierement d’une prise de conscience vécue comme moyen et plustard d’une réalisation séreine des objectifs qu’ont se seraient fixés.
Je suis un jeune étudiant camerounais et je tiens à saluer cette perpective.
Merci

L’Afrique dans la mondialisation : quel avenir ?

7 novembre 2009, Lougbégnon Marcellin

Je suis Marcellin, journaliste-rédacteur béninois. J’ai lu avec beaucoup d’intérêts votre réflexion. C’est vrai qu’il urge aujourd’hui de repenser le monde et trouver un nouvel ordre mondial plus humain et plus juste. Cette alternative comme vous l’avez si bien dit, devrait passer par une prise de conscience et d’organisation plus minutieuses de la société civile. Mais,le constat est tout le contraire en tout cas au Bénin qui d’ailleurs ne fait aucune exception de la règle générale. Cette société civile sensée orienter autrement pour un avenir meilleur, se comporte pire à la limite que les acteurs politiques une fois accéder à un poste de responsabilité politique.

L’Afrique dans la mondialisation : quel avenir ?

6 mars 2006, SIDIBE Mariame

J’ai lu avec intérêt votre article. Actuellement en Master 2 en Science Politique à l’Université Montesqieu, je prépare un mémoire intitulé "Le discours politique de la mondialisation au Mali" je cherche une documentation, ainsi que des articles et thèses universitaires traitant de mon sujet. Je serai donc ravie si vous pouvez m’envoyer ces documents en question. Bien à vous

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